POLLIFLOWER

La mise en œuvre des Solutions fondées sur la Nature (SfN) requiert une approche systémique, à la fois interdisciplinaire et intersectorielle, intégrant la science participative. Cela est essentiel pour faire passer ces solutions écologiquement prometteuses au-delà des limites de la recherche et vers des applications concrètes afin de relever les défis environnementaux et sociétaux actuels. C’est l’objectif principal du projet POLLIFLOWER, qui étudiera l’intérêt des bandes fleuries dans les zones agricoles et urbaines.

Le projet vise à répondre à l’enjeu spécifique de la restauration de la biodiversité, des réseaux écologiques et des fonctions et services écosystémiques associés, tels que la pollinisation et la lutte contre les ravageurs, dans les principales zones de perte de biodiversité, à savoir l’agriculture intensive et les zones urbaines. En milieu rural, les principales pressions sélectives proviennent de l’utilisation des pesticides, tandis qu’en milieu urbain, l’artificialisation des sols, la fragmentation des habitats et le réchauffement climatique sont les principaux facteurs qui filtrent les espèces en provoquant des extinctions locales ou en entravant la colonisation et le maintien des populations dans les écosystèmes.

Au sein d’une cohorte régionale d’espèces, l’ensemble des espèces absentes d’un écosystème particulier, mais pouvant y vivre, est appelé la « diversité fantôme ». L’originalité du projet POLLIFLOWER réside dans l’étude de la diversité fonctionnelle fantôme (traits de vie des espèces manquantes) afin de mettre en œuvre de meilleures SfN favorisant ces traits dans la restauration des écosystèmes, tout en favorisant les espèces « fantômes ».

POLLIFLOWER permettra ainsi d’évaluer les impacts écologiques, économiques et sociologiques des bandes fleuries par rapport à d’autres éléments semi-naturels, tels que les bandes herbeuses et les espaces gérés en fauche tardive, qui peuvent exister autour des cultures et en ville. Cette solution fondée sur la nature est souvent freinée par une acceptation et/ou une adoption insuffisante par les acteurs locaux, tant en milieu rural qu’en milieu urbain. L’acceptation sociale des bandes fleuries par les populations rurales et urbaines sera favorisée par des événements de sciences participatives et évaluée par des enquêtes in situ.

Des modèles théoriques et empiriques de conflits d’usage des sols, fondés sur des indicateurs de biodiversité et sur un cadre juridique existant et à construire, viseront à proposer des stratégies fondées sur des données probantes pour orienter la conception des politiques publiques locales, régionales et nationales, notamment en matière de gestion des espaces et des corridors verts, mais aussi dans le cadre des lois de Zéro Artificialisation Nette. Des indicateurs et des lignes directrices multidisciplinaires pour faciliter la prise de décision, l’implantation technique et la gestion des bandes fleuries au fil du temps, ainsi que des guides pour les politiques publiques, seront également fournis. L’approche de co-construction et de valorisation, avec un laboratoire vivant regroupant des citoyens, des gestionnaires, des agriculteurs, des étudiants et des chercheurs, permettra d’optimiser l’acceptation de ces SfN.