
ELDORADO
ELDORADO : ExpLoitation Durable et restauratiOn des ressources marines en RADe de Brest : apports des sOlutions fondées sur la nature (SfN) à la résilience d’un socio-écosystème sur-exploité
Responsable scientifique : Aline BLANCHET-AURIGNY
Établissement porteur : Ifremer
Le contexte
La rade de Brest est un socio-écosystème marin ayant connu, depuis le 18e siècle, une succession d’effondrements de ses ressources exploitées, notamment des populations de bivalves, ainsi qu’une dégradation de ses habitats benthiques. Parmi eux, les huîtrières natives, ainsi que les bancs de maërl, habitats remarquablement riches en biodiversité, ont été fortement affectés, entraînant des effets en cascade sur les espèces associées et fragilisant la résilience de l’ensemble du système. Les approches de gestion antérieures, sectorielles et cloisonnées, n’ont pas permis d’enrayer ces crises, faute de prise en compte des interactions écologiques et socio-économiques qui structurent le fonctionnement global de la rade. Dans un contexte de changement climatique, d’érosion de la biodiversité, de déséquilibres biotiques exacerbés, de multiples pressions anthropiques et de transformations réglementaires, une transition s’impose.
Le projet
Le projet ELDORADO vise à coconstruire, avec les acteurs locaux, des Solutions fondées sur la Nature (SfN) pour restaurer et gérer durablement les ressources marines de la rade. Il s’appuie sur trois sites pilotes qui serviront de living labs pour expérimenter des pratiques innovantes : la pêche durable, la restauration active et l’ingénierie écologique bio-inspirée visant le repeuplement des bivalves d’intérêt.
L’approche d’ELDORADO est pluridisciplinaire et intégrative, mobilisant l’écologie, la socio-économie et la modélisation. Elle combinera le suivi de la connectivité écologique, l’évaluation du potentiel de restauration passive des bancs de maërl, la quantification des services écosystémiques rendus par cet habitat, l’analyse du rôle des prédateurs dans la dynamique des bivalves et leur réponse au stress, des expérimentations de restauration active via la restauration acoustique et l’éco-ingénierie bio-inspirée et biosourcée, le déploiement de méthodes de suivi innovantes et non-invasives, une modélisation des boucles de rétroaction socio-écologiques pour identifier les leviers d’action et simuler différents scénarios d’exploitation durable, ainsi qu’une démarche participative mobilisant sciences citoyennes et acteurs locaux pour co-évaluer les coûts et bénéfices des SfN.
Le projet vise à rompre les cycles d’effondrement, à restaurer des habitats majeurs et leurs fonctions écologiques associées et à poser les bases d’un modèle reproductible de gouvernance durable, fondé sur l’implication des usagers et des solutions testées localement.