Thibaud sur les traces des zones humides littorales de Tahiti et de Moorea

Sur les îles de Tahiti et Moorea, entre montagnes et lagons, se cachent des écosystèmes discrets mais vitaux : les zones humides littorales. Sous-étudiées, elles jouent pourtant un rôle majeur dans la filtration des eaux, le stockage de nutriments ou encore la protection des récifs coralliens contre les pollutions. Thibaud Mallevialle a passé six mois à les traquer et les cartographier pour créer un outil prédictif de leurs présences.
Loin du soleil toulousain, Thibaud Mallevialle a posé ses valises pendant six mois à Moorea avec pour but de cartographier, des écosystèmes encore méconnus : les zones humides littorales polynésiennes.
« J’ai postulé au CRIOBE car l’offre de stage faisait écho à une étude que j’avais étudié en cours d’année. L’étude m’avait particulièrement intéressé et donné envie de creuser davantage le sujet. » partage-t-il.
Plongée dans les connaissances existantes
Tout a commencé par des heures passées derrière un écran, à compiler les rares données existantes. Thibaud a donc dû se plonger dans la littérature scientifique, étudier la végétation locale, et surtout, apprendre à reconnaître ces milieux si particuliers.
Ces analyses bibliographiques et botaniques sont déterminantes pour pouvoir repérer et photo-interpréter, par la suite, les images satellites de secteurs où peuvent se trouver des zones humides littorales.
Après de nombreuses photo-interprétations de zones d’intérêt sur Tahiti et Moorea, pour préparer son terrain, Thibaud a sillonné les deux îles, validant ou non la présence de zones humides littorales sur les sites. Cette partie du terrain n’a pas été sans difficulté : « L’accessibilité a été le principal obstacle. Beaucoup de zones potentielles se trouvent sur des propriétés privées, ce qui a limité la validation de certains sites. Le défi était aussi de couvrir l’intégralité des deux îles, tout en restant attentif aux zones humides non repérées en amont, par photo-interprétation. » a-t-il précisé.
Du terrain à la carte
De retour au bureau, place à l’analyse. Télédétection, codage, modélisation… Thibaud a transformé ses observations en une cartographie prédictive, un outil précieux pour les acteurs locaux. La Direction de l’Agriculture (DAG) et la Direction de l’Environnement (DIREN), en charge de la Politique de l’eau de la Polynésie française, y trouveront des données précieuses pour leurs missions.
À l’aide d’outils de télédétection, il a analysé des images satellites de haute résolution pour identifier les couches les plus intéressantes qui caractérisent et discriminent les zones humides. Il a ensuite codé des algorithmes afin de trouver le meilleur compromis entre toutes les variables. Chaque ligne de code avait pour but de transformer des pixels en informations exploitables.
Un outil pour l’avenir
« La carte finale est une carte comprenant tous les sites identifiés où se trouvent des zones humides littorales. Sur la carte, on pourra retrouver le type de zone humide, les plantes qu’on y retrouve, le nombre de zones similaires sur l’île, etc. » complète-t-il
Aujourd’hui, son stage touche à sa fin mais le travail ne fait que commencer. La carte finale est un outil-clé pour la protection et la valorisation de ces écosystèmes. Pour Thibaud, cette expérience a aussi été une révélation : celle d’un métier où l’on alterne entre l’analyse fine devant un écran et l’aventure en pleine nature. Un équilibre qu’il compte bien poursuivre.

Le stage de Thibaud Mallevialle s’inscrit dans les actions du living lab AMWI.
Il a été co-encadré par Alexandre Mercière (CRIOBE), Jean-Yves Meyer (REC & SECOPOL), Guillaume Marchand (AMWI) et Benoît Stoll (SECOPOL).
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