CoHabiter

Les espaces verts résidentiels (EVR), c’est-à-dire les jardins privés des maisons individuelles et les espaces végétalisés partagés des immeubles collectifs, constituent une composante majeure, mais encore peu étudiée, des écosystèmes urbains. Ces espaces remplissent une double fonction importante : en tant qu’espaces verts majoritaires à l’intérieur des villes, ils offrent des refuges et des corridors écologiques essentiels pour la biodiversité urbaine, tout en procurant des bénéfices sociaux notables (sources importantes de bien-être, de production alimentaire et d’interactions sociales).

Malgré leur valeur écologique et sociale, ces EVR, en raison de leur grande hétérogénéité structurelle, de gouvernance et d’usages, ainsi que de leur difficulté d’accès, restent largement négligés dans la planification urbaine comme dans la recherche scientifique. De plus, dans le contexte actuel de forte pression pour la construction de logements en ville en France, les EVR apparaissent souvent comme des réserves foncières. La densification dite douce, qui consiste à ajouter un ou plusieurs logements sur une parcelle déjà construite, est ainsi une solution actuellement promue en France par diverses dispositions législatives et juridiques. Pourtant, cela conduit à une diminution ou une perte des multifonctionnalités des EVR, souvent sans évaluation adéquate des compromis en jeu.

Le projet CoHabiter vise à combler ce manque en adoptant une approche interdisciplinaire à l’interface de l’écologie, de l’urbanisme, de la géographie et de la sociologie du droit, articulée en trois axes.

  1. Le premier axe évaluera les fonctions écologiques et sociales des EVR sur quatre territoires d’étude contrastés. Des inventaires de biodiversité y seront réalisés ainsi que des entretiens auprès des habitants sur leurs usages, leurs perceptions et les bénéfices perçus en lien avec ces EVR et auprès des collectivités et professionnels de l’aménagement sur les outils de politique publique. Une analyse diachronique caractérisera les trajectoires passées de densification.
  2. Le deuxième axe généralisera ces résultats à l’échelle nationale en combinant des données spatiales fines et celles issues de la science participative. Parallèlement, une enquête quantitative nationale permettra de mesurer les bénéfices perçus par les habitants selon ces mêmes paramètres.
  3. Le troisième axe mobilisera l’ensemble de ces résultats pour construire et évaluer des scénarios de densification, afin d’identifier les stratégies optimales d’aménagement des EVR conciliant la performance écologique et la qualité de vie des résidents. Le projet CoHabiter produira des connaissances mobilisables et des outils d’aide à la décision pour les acteurs de la ville, dans un contexte de densification urbaine.